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DJERBA
Le
visiteur qui s’approche de l’île de
Djerba est saisi par sa ressemblance à la Polynésie…
A peine débarqué, il est envahi par un
sentiment de douceur et de sérénité.
Ne l’oublions pas, lors de son escale à
Djerba, l'île des Lotoplages, Ulysse faillit renoncer
à son errance…
Historique
Djerba était bien connue pendant l'Antiquité,
puisque le héros de Homère, Ulysse, y
fit escale. Elle a été carthaginoise,
puis romaine. Deux empereurs romains y sont nés.
L'île garde des vestiges de l'époque romaine
: Méninx, près d'El Kantara, et la chaussée
romaine de 6 km, qui relie toujours l'île au continent.
Le christianisme s'y est répandu pendant quelque
temps.Envahie par les Vandales, puis par les Byzantins,
elle fut conquise par les Arabes en 667. Puis elle fut
dévastée par les tribus hilaliennes, venus
d'Orient au XIe siècle. Elle connut ensuite d'autres
troubles, durant des siècles. Elle a été
la base opérationnelle des grands pirates turcs,
Dragut et Barberousse.Djerba est le seul endroit en
Tunisie où l'on trouve les représentants
d'une secte musulmane " shismatique ", les
Kharijites.
Données
géographiques
Longue de 25 km et large de 22, Djerba a une superficie
de 514 km2 et possède 125 km de côtes,
soit 1/10 du littoral tunisien. Terre plane et de très
faible altitude, elle n'a pas de relief saillant.Le
climat, sous l'influence modératrice de la mer,
est très doux.Sa population compte environ 80.000
habitants. Elle est en grande partie d'origine berbère,
de religion musulmane avec une minorité qui a
adopté le « kharigisme ». Une communauté
israélite, aujourd'hui très réduite,
s’était établie dans l'île,
bien avant les Arabes, probablement depuis plus de vingt
siècles.
Excepté
le chef-lieu, Houmt Souk, les agglomérations
ne sont que de petits villages : Sedghiane, Midoun,
Sédouikech, Guellala, Ajim... L'habitat est dispersé
: au milieu du Menzel, petite exploitation délimitée
par une levée de terre surmontée d'une
haie de cactus, s'élève l'habitation,
appelée houch.L'économie est assez diversifiée.
On pratique l'arboriculture : palmiers, oliviers, vigne,
figuiers, pommiers, amandiers, abricotiers, orangers,
grenadiers... L'île produit aussi des légumes
et des céréales. L'élevage est
peu pratiqué. Les environs de l'île sont
propices à la pêche. Les principales branches
de l'artisanat sont le tissage et la poterie.
Houmt
Souk
La capitale administrative de l'île est une petite
ville qui a gardé intact son charme d'antan.
Les
souks
Les souks sont formés, au cœur de la vieille
ville, d'un réseau étroit de ruelles bordées
d'échoppes. Ils sont toujours très animés.
On y trouve tissus, tapis, ustensiles, bijoux... Le
souk des bijoutiers respire la prospérité.Les
ateliers d'artisans sont nombreux : tisserands, forgerons...
Les
fondouks
Au milieu des souks, se trouvent les fondouks, caravansérails
ou encore hôtels-entrepôts, bâtis
sur le même modèle : une vaste cour centrale
entourée de deux niveaux de galeries sur lesquelles
s'ouvrent de petites cellules.
Quatre
monuments
Dans le secteur des souks et des fondouks, on trouve
quatre monuments religieux : la Zaouia de Sidi Brahim
El Jemni, un complexe comprenant médersa, boulangerie,
hammam et mausolée ; Jemaâ El Ghorba (Mosquée
des étrangers), de rite malékite ; Jemaâ
Et-Trouk (mosquée des Turcs), de rite hanéfite.
La Mosquée Ech-Cheikh est le sanctuaire principal
de la culture ibadite (kharéjite).
Le
Borj El Kébir
Le Borj El Kébir (la grande forteresse) s'appelle
aussi Borj Ghazi Mustapha ou encore fort espagnol. Sur
les vestiges d'un ancien fort romain, Roger de Loria,
amiral d'Aragon et de Sicile, construisit une nouvelle
forteresse. Au milieu du XVe siècle, le sultan
hafside, Abou Farès El Hafsi, complète
la construction, qui est encore renforcée par
le corsaire Dragut en 1557 et en 1560, par les Espagnols,
qui y sont, la même année, assiégés
et exterminés.Le fort, de forme rectangulaire,
possède plusieurs tours et est entouré
d’un très large fossé. On y trouve
des canons, des restes de céramique, des boulets
de canons, des vestiges romains...
Le
musée des Arts et traditions populaires
Le musée permet de découvrir les richesses
folkloriques de l'île. La présentation
des collections est très soignée, avec
explications détaillées.On peut y admirer
une riche collection de costumes de divers groupes sociaux
et de diverses ethnies, des bijoux fabriqués
par les artisans juifs, des exemplaires du Coran et
des coffres à coran, des ustensiles de cuisine,
un atelier de potier reconstitué, des poteries,
de grandes jarres, des stucs ciselés, des carreaux
de céramique anciens...
De
Houmt Souk, on peut rejoindre en bateau l'extrémité
d'une presqu'île sablonneuse, Ras Er Rmel. La
plage y est belle, l'eau pure et le paysage vierge.
Un endroit paradisiaque. Les environs de Houmt SoukOn
peut admirer des mosquées dans les environs de
Houmt Souk. La première est celle d'Abou Messwer
ou Jamaâ El kébir. Abou Messwer est un
grand théologien ibadite qui lutta, au Xe siècle,
contre un schisme issu de l'ibadisme, le khalafisme.
Son fils acheva la mosquée.La mosquée
El Bardaoui, sur la route d'Ajim, est une mosquée
souterraine où les ibadites, persécutés,
se réfugièrent pour pratiquer leur culte.
Les
villages juifs
Hara Kbira, devenue Es-Souani, se trouve tout à
proximité de Houmt Souk. Les habitations peu
élevées se trouvent dominées par
les cours des synagogues. Les murs de ces sanctuaires
sont chacun percés de trois fenêtres. Les
douze fenêtres symbolisent les douze tribus d'Israël.
Hara
Sghira s'appelle actuellement Er-Riadh. C'est le plus
ancien village juif de Djerba. C'est dans ce village
qu'on trouve la synagogue de la Ghriba où se
déroule, chaque année, un pèlerinage
qui attire des juifs de tous les pays et en particulier
les natifs de Tunisie
On trouve dans cette synagogue l'une des plus anciennes
thora du monde.
Les
juifs en Tunisie
Les premiers juifs seraient venus en Tunisie à
la fin du VIe siècle avant J.-C., au moment de
la destruction du Temple de Jérusalem. Certains
d'entre eux sont fixés à Djerba. Ce serait
cette première vague qui aurait édifié
la synagogue de la Ghriba, haut lieu de spiritualité.
D'autres groupes se sont installés dans le pays
après la prise de Jérusalem par Titus
et les déportations qu'il a ordonnées
en 70. Les communautés espagnoles arrivent à
leur tour, à la fin du XIVe siècle et
en 1492, après la reconquête de l'Espagne
par les chrétiens. Certains sont venus directement,
d'autres après un passage par Livourne, en Italie,
et un séjour dans cette ville. Ce sont les juifs
livournais ou Grana.
Un
monde exceptionnel
L'habitat est dispersé. Aussi les concentrations
humaines sont-elles rares. Les quelques agglomérations
prennent, de ce fait, un relief particulier et acquièrent
une personnalité nettement marquée.
Sédouikech
est un petit hameau aux maisons blanches couvertes de
coupoles. Son marché se tient le mardi. On y
trouve des objets en alfa et de la vannerie.
A
El may, on remarque une mosquée qui évoque
une petite forteresse. C'est un sanctuaire représentatif
des mosquées de Djerba.
Ajim
est le principal port de l'île. C'est l'embarcadère
d'arrivée du bac du Jorf, voie de communication,
en plus de la chaussée romaine entre l'île
et le continent. C'est aussi un port de pêche,
notamment aux éponges.Dans les environs, on trouve
la palmeraie la plus dense de l'île. Les palmiers
produisent, outre des dattes de qualité médiocre,
un jus, le legmi, qu'on obtient en pratiquant une saignée
à la base des branches. Ce jus est sucré.
Il fermente facilement et s'alcoolise.
Guellala
est la capitale de la poterie. C'est un charmant petit
village.
Mahboubine
est un « village-jardin ». Il se trouve
au milieu de vignobles, d'arbres fruitiers et d'oliviers.
Sa mosquée, El Kareb, ne manque pas d'intérêt.
C'est dans les environs de ce village qu'on trouve les
plus beaux spécimens de menzels.
Midoun,
deuxième centre de l'île après Houmt
Souk, possède plusieurs mosquées. Son
marché se tient le vendredi : fruits, légumes,
poissons, poteries, paniers, nattes...
Sedghiane
possède de beaux vergers.
L’île
de El Kantara
C'est le début de la chaussée romaine.
A quelques kilomètres à peine au nord,
on trouve les vestiges de l'antique Méninx, fondée
dix siècles avant l'ère chrétienne.
Les Phéniciens y ont établi des ateliers
de pourpre. On y trouve les ruines d'une grande basilique
chrétienne, des chapiteaux, des colonnes en marbre...
30
km de plages et de palaces
A quelques kilomètres de Houmt Souk, sur la côte
nord-est de l'île, commencent les belles plages
au sable blanc, qui s'étendent, sans interruption,
jusqu'à Aghir, au sud-est. C'est sur ce rivage
paradisiaque qu'ont été édifiés
hôtels de luxe et villages de vacances.
Le
développement du tourisme a été
fulgurant. Le secteur touristique représente
pour les habitants la ressource économique la
plus importante. L'infrastructure hôtelière,
très riche et variée, est d'un haut niveau
; malgré le nombre important des hôtels,
le paysage hôtelier reste très aéré
et s'intègrent parfaitement à l’environnement.
L'animation
dans les hôtels de Djerba est particulièrement
soignée. Les courts de tennis sont nombreux.
On trouve toutes les facilités pour pratiquer
ski nautique, plongée sous-marine et équitation.
Les promenades à bicyclette ou à cheval
permettent de découvrir les charmes secrets du
paysage, des menzels, des villages et des innombrables
mosquées.
Le terrain de golf, dessiné par Martin Hawtree,
combine deux parcours, un 18 trous et un 9 trous.
Djerba
possède son aéroport international qui
la relie directement aux grandes villes européennes.
Une ou deus heures de vol et les visiteurs atterrissent
sur ce paradis terrestre.
Zarzis
Face
à l'île de Djerba se trouve la belle station
balnéaire de Zarzis.Zarzis jouit d'un site enchanteur,
dans une palmeraie, au milieu des oliviers. Elle est
édifiée sur l'emplacement de la cité
romaine de Gergis. C'est un port de pêche aux
éponges.
Sur
tout l'arc de Zarzis à El Kantara (continent),
les plages sont magnifiques et encadrées de secteurs
rocheux, elles sont très propices à la
pêche sous-marine.
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